MÔQUET Guy (1924-1941), mort un 22 octobre
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MÔQUET Guy (1924-1941)***

« Châteaubriant, le 22 octobre 1941. Ma petite maman chérie, mon tout petit frère adoré, mon petit papa aimé, je vais mourir... » Les derniers mots bouleversants d'un jeune homme de 17 ans, qui s'apprête à être fusillé par les Allemands en tant qu'otage1, font désormais partie de notre récit national. Le président Sarkozy fait d'ailleurs lire cette fameuse lettre d'adieu par une lycéenne le jour de son investiture, avant de la mettre au programme de la rentrée scolaire en 20072. Guy Môquet est à jamais le symbole du martyr de la Résistance communiste face à la barbarie nazie sous l'Occupation. Sauf que Guy Môquet n'a jamais été résistant.
Fils d'un député PCF emprisonné au début de la guerre par le gouvernement Daladier pour avoir refusé de désavouer le Pacte germano-soviétique, il poursuit le combat paternel au sein des Jeunesses communistes avant d'être arrêté (sur dénonciation) à l'automne 19403 pour avoir distribué ou collé des tracts et des affichettes du Parti. Lesquelles n'ont rien d'un appel à la résistance. Glorification de l'URSS de Staline alors alliée avec Hitler, approbation du Pacte germano-soviétique « facteur de paix », dénonciation des dirigeants « putrides et cupides » de la Troisième République et de la « guerre impérialiste » menée par l'Angleterre et les gaullistes, paix avec Allemagne4... tels sont les messages diffusés clandestinement par le jeune Guy Môquet et ses camarades. Lors de son interpellation, on trouve dans ses poches un numéro du journal des Jeunesses communistes L'Avant-Garde fustigeant le bellicisme du général de Gaulle, mais aussi un poème (non écrit de sa main) griffonné sur un bout de papier : « Les traîtres de notre pays / Ces agents du capitalisme / Nous les chasserons hors d'ici / Pour instaurer le socialisme. »5 Sollicitée par la famille de Guy Môquet en 1955, la Commission nationale des déportés et internés résistants refuse unanimement de lui accorder le statut posthume d'« interné résistant »6.
*Une station du métro parisien porte son nom depuis 1946. De nombreux odonymes lui rendent hommage, dont un stade à Drancy (Seine-Saint-Denis), une place à Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise), Vaulx-en-Velin (Rhône) ou encore Vigneux-sur-Seine (Essonne), un boulevard à Gournay-sur-Marne (Seine-Saint-Denis) et un square à La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine), Mitry-Mory (Seine-et-Marne) et La Courneuve (Seine-Saint-Denis). Un gymnase, une résidence et une rue honorent sa mémoire à Châteaubriant (Loire-Atlantique), où il est fusillé par les Allemands. Onze établissements scolaires portent également son nom.
1/ Le 22 octobre 1941, 48 otages sont fusillés à Châteaubriant, Nantes et Paris, en réprésailles à l'assassinat du Feldkommandant de Nantes par des résistants communistes.
2/ La lettre est lue dans tous les lycées de France en septembre et octobre 2007, non sans susciter quelques polémiques.
3/ Le 13 octobre 1940, au métro Gare de l'Est, par trois policiers de la Brigade spéciale de répression anticommuniste.
4/ L'Affaire Guy Môquet, enquête sur une mystification officielle, Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre.
5/ « Guy Môquet, la grande manip », Arnaud Foch dans le hors série de Valeurs Actuelles L'Histoire interdite, volume 1.
6/ Dès l'année suivante, le sous-secrétaire d'État socialiste aux Anciens Combattants, François Tanguy-Prigent, passe outre la décision de la Commission et accorde à titre exceptionnel le statut de « résistant » à Guy Môquet. Cette initiative reste volontairement confidentielle jusqu'en 1962 pour ne pas provoquer une requête analogue de la part de toutes les familles d'otages fusillés par les Allemands.
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