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MIRABEAU Honoré (1749-1791), né un 9 mars

il y a 2 jours
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Dernière mise à jour : il y a 2 jours

Mirabeau

Pour la grande histoire, c'est lui qui lance à l'émissaire du roi, un jour de juin 1789 plus connu sous le nom de Serment du Jeu de paume : « Allez dire à votre maître que nous sommes ici par la volonté du peuple et qu’on ne nous en arrachera que par la puissance des baïonnettes. » Réunis à Versailles dans le cadre des États généraux, les députés ont juré de ne pas se séparer avant d'avoir donné une nouvelle constitution à la France. Rien ne semblait pourtant destiner le comte de Mirabeau à la postérité. Avec son pied tordu, ses deux grandes dents, sa tête énorme et son visage ravagé par une petite vérole mal soignée durant l'enfance, il est d'une « laideur grandiose et fulgurante », dixit Victor Hugo1. À peine majeur, il accumule les dettes de jeu, si bien que son père, honteux de sa conduite, le fait emprisonner sur l'île de Ré par lettre de cachet. Les dettes continuant de s'accumuler, le paternel lui organise un tour de France … des cachots : le château d'If au large de Marseille, le donjon de Vincennes puis le château de Joux en Franche-Comté. Il en faut plus pour remettre l'impénitent sur le droit chemin. Profitant d'un régime de semi-liberté, il séduit une femme mariée et se fait la malle vers les Provinces-Unies avec la belle. Condamné à mort par contumace pour « rapt et séduction », Mirabeau revient en France et retrouve son pied-à-terre au fort de Vincennes, où il est détenu pendant quarante-deux mois.


Qui aurait alors imaginé que ce nobliau aux poches trouées deviendrait l'homme des grandes causes de la Révolution ? Afin de se faire élire au sein du Tiers état (sa piètre réputation l'empêchant de représenter la noblesse), Monsieur le comte, comme il aime à se faire appeler en privé2, se trouve soudainement une vocation de marchand de draps, à défaut de tapis. « L'orateur du peuple » cofonde la Société des amis des Noirs, milite activement pour l'abolition de l'esclavage dans les colonies et participe à la rédaction de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, tout en percevant en sous-main de généreuses sommes d'argent venant de la cour royale3 pour tenter de calmer les ardeurs révolutionnaires. « Mirabeau est capable de tout pour de l'argent, même d'une bonne action », peut ironiser Antoine de Rivarol. La cause des femmes intéresse moins, semble-t-il, notre aristocrate humaniste, comme en témoigne cette péroraison prononcée à la tribune de l'Assemblée nationale4 : « La constitution délicate des femmes est parfaitement appropriée à leur destination principale, celle de faire des enfants. Sans doute la femme doit régner à l'intérieur de la maison, mais elle ne doit régner que là. Partout ailleurs elle est déplacée. » Pour sa défense, reconnaissons-lui une circonstance atténuante : il a eu une jeunesse difficile.


*Mirabeau est le nom d'une station de métro, à Paris, où l'on trouve également une rue et un pont. Plus de 300 voies publiques et 6 établissements scolaires honorent sa mémoire en France. Une statue à son effigie est installée au palais de justice d'Aix-en-Provence et au palais Bourbon, à Paris. Mirabeau est le premier à entrer au Panthéon, en 1791, mais en ressort trois ans plus tard, après la découverte de sa correspondance secrète avec le roi.


1/ Littérature et philosophie mêlées, Victor Hugo.

2/ Mirabeau, Charles Zorgbibe.

3/ Mirabeau se voit ainsi promettre la somme d'un million de livres, tandis que ses dettes, estimées à plus de 200 000 livres, sont remboursées par la couronne. (Mirabeau, Guy Chaussinand-Nogare)

4/ Le 10 septembre 1791.

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